RHDP unifié en constitution : Partir, n’est-ce pas  Trahir ?


RHDP unifié en constitution : Partir, n’est-ce pas  Trahir ?

publié le Jeudi 10 Mai 2018 à 13:20:20

L’Editorial de Mamadou Djibo, PhD

Philosophy

Madame la Présidente du RDR, Prof. Henriette Dagri Diabaté, la Grande Dame de la cause démocratique ivoirienne a fermé le débat : « le RDR ne disparaîtra pas. Le RDR ne va pas se dissoudre dans le RHDP. Le RDR ne se reniera pas. » Au-delà du dogme de la pérennité ainsi énoncé, il suffit aux observateurs de savoir compter le nombre de fois, en trois phrases courtes et fortes, qu’elle épèle trois fois le nom de son parti, le RDR. Une seule et unique fois le RHDP. Ce déséquilibre flagrant montre l’enthousiasme contenu. Que de la décence ! RDR ! Ce nom est celui  qui rallia les victimes, des citoyens meurtris par l’odieuse ivoirité. Le RDR est le nom de ce souffre douleurs, de ces injustices, de la négation des droits de la nationalité ivoirienne pour des Ivoiriens et Ivoiriennes mais surtout de la soif de justice et de l’égalité. Le RDR est le rappel des partisans de la République, égale et impartiale. Une République qui renvoie tous à l’universelle loi pour vaincre les lois personnelles qui tombaient comme des cordes sur la tête d’une catégorie de citoyens, se battre pour le caractère général des lois, la fin des nuits de sueur froide, des papiers confisqués, des requêtes de papiers du millénaire passé voire de l’eschaton. Le RDR appartient à ses militants et à ceux qui y croient. Cette mémoire, cette appartenance, ce partage d’égalité et de traitement équitable de chacun au sein de la Nation ivoirienne sont donc indissolubles. Je ferai quatre remarques :

1. Partir de ces lieux d’identité, rompre les amarres d’avec ce surinvestissement émotionnel citoyen et militant, vouloir s’émanciper du fiable pour caresser une mise en chantier, objet de tous les raidissements, abandonner sa chose pour une alliance au second degré jadis, et aujourd’hui, le RHDP unifié à l’entame des joutes; toutes choses qui semblent trop cadencées pour créer l’enthousiasme. Alors le reniement de Saint Pierre n’aura pas lieu. « Avant que le coq  chante aujourd’hui, tu me renieras trois fois » avait dit Jésus lorsque Pierre lui avait donné sa parole. « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort » avait promis Pierre. La passionaria ivoirienne des luttes et de l’idéal républicain, celle qui incarne la vertu de la théorie de l’égalité devant la loi, Madame Diabaté en écrivant le mot Reniement dans son discours rattache le RDR voire rappelle le RDR à la charge émotionnelle, religieuse de ce mot. Voilà le dogme procédural!  Après le rappel du dogme inviolable de la fidélité mémorielle, il urge de savoir comment arbitrer au mieux, les antagonismes et ambitions toutes légitimes.

2. Qu’en est-il du processus de sélection du candidat RHDP unifié à naître ? Son père bienveillant, le Président Alassane Ouattara, traverse les raideurs et hypothèques et énonce que désormais, le RHDP unifié en constitution, élira son porte-étendard. Un nouveau paradigme dont le visé optimal est  « le meilleur d’entre nous sera notre candidat ». Alors, le meilleur en RHDP unifié est-il le plus représentatif des Houphouëtistes ? Le meilleur profil en leadership, les états de service pour l’égalité puisque le RDR incarne la théorie de l’égalité des citoyens devant la loi ? Le plus calé pour le job de représentation ? Et qu’en est-il de la qualité du lien de représentation des valeurs communes pour un Avenir en commun ? Ce choix sera fait au moyen des primaires, énonce le Président Ouattara, le Président d’honneur du RDR. Nul ne peut rejeter la justesse de ce mécanisme si tant est qu’il est pour la démocratie, comme moyen arbitral. Cependant, la France sur laquelle se modélise nos processus démocratiques en Afrique francophone, nous enseigne que, parfois, le meilleur n’est pas élu. Laurent Fabius l’aurait été. Alain Juppé aurait été adoubé. Et puis, ne pas choisir un dauphin, c’est accepter d’être désavoué par les citoyens à la base et auquel cas, c’est délier son successeur du devoir de loyauté. La plus belle éloquence de ce fait des primaires qui ne drainent que des soucis, c’est le lien entre le Président Macron et son prédécesseur François Hollande, adepte des primaires. Etre loyal ne signifie pas être l’obligé de quelqu’un, rappela l’audacieux philosophe triomphant, le candidat putatif d’alors, Monsieur Emmanuel Macron. En Amérique du Nord, j’ai appris au sein du Nouveau Parti Démocratique du Canada que nul n’est venu accompagner son camarade. C’est vous dire que 2020 en primaires au sein du RHDP unifié, les chicanes seront torrentielles. Pourvu que les primaires soient loyales et crédibles. Et puis élire un candidat qui gagne avec l’investiture avec 51 % des votants par exemple, c’est consacrer la division du parti. Au Nouveau Parti Démocratique du Canada, il est tenu, parfois, un vote secret sur le leadership du patron du parti. Et avoir 75% des voix est l’assurance que l’on possède l’adhésion majoritaire pour gagner la bataille. Lorsqu’un parti est jeune, comme le RHDP unifié, c’est un pari très risqué de tenir des primaires. En Côte d’Ivoire les Indépendants prospèrent. Pourquoi ? Parce que le clientélisme et la corruption électorale peuvent faire investir un candidat non représentatif qui envoie son parti dans les ravins. D’où la révolte victorieuse des mal aimés et mal adoubés, ces nouveaux sans-culottes de la République. Normal, la République sait biberonner, équité oblige, tous ses partisans !  De toutes les façons, les Soroïstes ont une affection sincère pour les compétitions loyales. Quand c’est dur, seuls les durs avancent, foi de Guillaume Soro Kigbafori ! N’est pas soroïste celui qui fuit la compétition loyale. Guillaume Soro a toujours été élu et de ce fait, est le fils légitime des élections syndicales et politiques. Voilà pour la théorie des choix ! Un dogme et une théorie pour le RHDP unifié qui sont et résument à s’y méprendre, la posture isotopique du doyen des partis politiques, le PDCI-RDA.

3. Partir c’est trahir tant pour le RDR en raison des raisons indissolubles ci-dessus indiquées que pour le PDCI-RDA en raison même de l’attachement viscéral à ce seul moyen politique légué par le Père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, pour concourir comme le prescrit la Constitution, à l’expression de la volonté générale ivoirienne. Le dogme, c’est la loyauté au Père fondateur, le Président Houphouët-Boigny. La théorie eut comme objet, le passage du centralisme démocratique d’antan à l’implantation idoine du processus démocratique. Et le PDCI-RDA tient toutes ses promesses en faisant élire dans la saine compétition fraternelle, tous ses élus.  Partir au RHDP pour s’y dissoudre, c’est trahir cette fidélité à l’héritage de rassemblement, cette mutation démocratique pour une meilleure représentativité des élus, ce le fut du Président Henri Konan Bédié au secrétaire de section du hameau, même si, parfois, les militants déçus infligent des défaites cinglantes à la direction du parti. Là encore, c’est le signe de la tolérance et de la vitalité démocratique contre le centralisme autocratique d’antan. Partir, c’est se renier comme sortir des ambiguïtés, c’est toujours à son propre péril en politique. D’ailleurs lorsqu’on regarde les fixations politiques, ce que les psy appelleraient les régressions, qu’on écoute ces échos des Gbagbo ou Rien, rêvant du retour du redempté-rédempteur, le Président Laurent Gbagbo, il y a de quoi, ne serait-ce qu’en raison du mimétisme social, du reflexe pavlovien, renoncer au reniement de son identité, celle qui reconnait et atteste de notre existence comme formation politique. Puisque la fulgurance récurrente des antagonismes en politique entrevue en 2020 nous renvoie comme identité, à nos lieux propres. Cette identité sédimentée est l’universelle pour ces formations et leurs militantes et militants et de ce fait, indépassable.

4. Cette non ambiguïté politique ivoirienne est d'ailleurs le talon d’Achille du projet du parti unifié. C’est pourquoi, le Président Guillaume Soro Kigbafori avait invité tous les Houphouëtistes à laisser le dialogue se poursuivre. Une idée même géniale ne l’est véritablement que si elle arrive à son heure ! Les conjectures mémorielles ici traitées du PDCI-RDA et du RDR semblent accréditer l’opinion vraie que cette idée ne convole pas pour le moment avec son temps pour advenir un momentum. Ses adversaires résolus, ceux de l’ancienne majorité LMP qui ont connu les persécutions du parti unique, y perçoivent la tentation du parti unique, bureaucratique et étouffoir des initiatives citoyennes et participatives. Quant aux militants de l’UPCI qui l’ont rejeté, y- ont-ils perçu un forcing politique, une camisole de fer ? Au-delà des conjectures sur la crédibilité du vote, leur chef a été largement désavoué. Le seul honneur qui lui restait, c’était de démissionner de la tête du parti pour qu’un autre militant ou une autre militante incarne ce moment véridique.

Ce sont des peurs, dit la bien-pensance. Les peurs ne sont pas rationnelles, c’est connu. Mais la politique est affaire de culture d’émotions, de sédimentations de croyance vraie sur un agenda porté par un chef. De ce fait, la politique non plus ne relève point du rationnel pour ordonner. Le minimum syndical, ici, c’est le raisonnable circonstancié.  Et puis, les partis n’ont plus tellement la côte, excepté la base militante, forte et convaincue du RDR qui a une haine de la souffrance et des injustices. Elle vibre encore pour un porteur d’espérance, un homme politique averti et aguerri et un leader générationnel transversal: Guillaume Soro, loyal à l’idéal républicain de la base et fidèle au Président Ouattara. Son nom reste le seul Invariant qui transperce le ciel brumeux. Il est le meilleur qui incarne la congruence des forces RDR militantes et des Forces nouvelles, qui se bonifie pour le bien être de chacun, comme droits et libertés. De ce fait, Guillaume Soro Kigbafori incarne l’âme de cette alternance générationnelle, synonyme de nouveau cycle d’espoir. Les Houphouëtistes ont espéré dans l’alliance RHDP en 2005. Et l’espérance a donné des fruits, a produit la victoire en 2010. Et puis, ce doute depuis la nouvelle Constitution. Cet inextinguible doute s’est invité à la table des appétits. Le rassemblement est rabâché et S’évader des échéances est pourtant improbable. Assumer alors la vérité de ce moment historique, celui entrevu en 2020, c’est faire corps avec son destin, le destin de la vérité politique : une nouvelle génération pour un nouveau cycle d’espoir !    

Les dés sont lancés comme les cauris. Nul ne veut raisonnablement franchir le Rubicon. Franchir avec allégresse sa propre frontière et être à découvert comme le sont, hélas, les comptes des très petites entreprises ivoiriennes dans les banques qui rechignent à les financer ou le font à des taux presqu’intenables. C’est attester que les enjeux de prospérité construite, ensemble, pour un capitalisme de redistribution sont donc de taille. Le meilleur, il me semble, est celui qui incarne ce cycle d’espoir, le renouveau ivoirien dans la solidarité, le partage et l’équité. Je l’appelle le candidat de la raison et du cœur : Guillaume Kigbafori Soro. Attendu par la vox populi au sortir de ce quatrième Congrès extraordinaire du RDR. Guillaume Soro rassure les militants de base et réconforte les élus du RDR quant à la probabilité de garder la main avec un leader capable de construire une coalition gagnante, un élan transversal citoyen ayant comme pivot le pardon et la réconciliation et  à partir du socle de militants remobilisés en phase avec leur candidat. Se tromper de cheval est interdit au RDR tandis que partir pour le RHDP unifié, c’est se renier, c’est trahir! Autant pour le PDCI-RDA. Partir du gouvernement RHDP en place ou RHDP unifié? Sans délai ? Le dilemme comme suprême enjeu ! Trêve de conjectures, dira le soroïste. Affrontons, courageusement notre destin démocratique !

Source :www.guillaumesoro.ci




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