Guillaume Soro Kigbafori et le leadership de Réconciliation et de Transformations


Guillaume Soro Kigbafori et le leadership de Réconciliation et de Transformations

publié le Mardi 04 Decembre 2018 à 14:47:16

L’Editorial de Mamadou Djibo Baanè-Badikiranè

Philosophe

Je viens de lire l’entretien que le Président du PDCI-RDA vient d’accorder à un quotidien de la place, le 26 novembre 2018. Je ne reviens pas sur cette aléthéia parée de sa propre élégance comme choix judicieux des mots et le rappel de l’essentiel lorsqu’on est disciple du Président Houphouët-Boigny, le dialogue et tout pour son maintien. Pour un philosophe, parler de dialogue, c’est aller à la source du donner et du recevoir du logos, ce que Socrate s’adressant à Théétète (Théétète, 189e6), définit comme logos, ce penser discursif coextensif à l’activité intérieure de l’âme en demandes et réponses et par gradation, obtient et aboutit à une doxa (l’opinion suppose son contraire et donc le désaccord). Précisément parce que le dialogue de l’âme avec elle-même la prédispose à accueillir aussi l’autre opinion, celle d’autrui. C’est en ce sens que le dia (particule de lien, de va-et-vient) est cette particule qui parcourt les opinions comme établissant un échange entre deux altérités (deux pôles distincts comme énoncés différenciés). Ici en l’espèce, il s’agit de ce que le Président Bédié nomme le RHDP-RDR ou RHDP, parti unifié d’une part et le PDCI-RDA de l’autre. Deux pôles énonçant chacun une doxa (opinion) vers cette intelligibilité du moment nommée accord ou accommodement mutuel comme les Canadiens aiment à dire. L’opinion d’aucun pôle ne prétend détenir la vérité. D’ailleurs de la coupe aux lèvres, il y a une commensurabilité de gradation platonicienne comme suit : Opinion ---Opinion vraie (sagesse pour vivre) ---Vérité (que la dialectique mathématique obtient) ---l’Un (Souverain Bien).

Lorsque le Président Houphouët-Boigny énonce que le dialogue est l’arme des forts, il dit juste. Parce qu’il transperce la pensée unique (fragile opinion d’un pôle se voulant dominant et ordonnant la vérité). En Afrique, bien souvent la longévité politique, parfois même sa brièveté, nourrit la sycophancie (flagorneries, faux témoignage, délations et plates flatteries qui confinent à la suffisance du caractère unique d’un pôle et à  son autoréférencialité émettrice synonyme de dictée). La pensée qui en sort est frappée du sceau de la pensée unique dominatrice et se voulant non disputée. Or nul ne saurait ordonner la vérité si ce n’est au bout d’un processus de concertations, d’échanges diachroniques, de conjectures, d’énoncés se confrontant et par gradation intelligente obtient le dire vrai, toujours par la méthode dialectique.

C’est pourquoi le Président Guillaume Soro Kigbafori a eu raison tôt de rappeler aux uns et aux autres, la nécessité de ‘’laisser le dialogue se poursuivre’’ pour construire un consensus. Lorsque le Président Bédié rappelle qu’il dispose d’un mandat du PDCI-RDA et que le Président de la République, Alassane Ouattara en dispose lui-aussi, exactement et dans les mêmes nécessités et « intérêt du moment », c’est un dialogue entre deux interlocuteurs mandatés, un dia qui transperce les logoï (propositions) de ces deux identités politiques que sont le RHDP, parti unifié et le PDCI-RDA. Dans ces circonstances, l’intérêt du dialogue, c’est précisément sa poursuite sans nécessité aucune d’accélération de son processus normal. Il y a donc un isomorphisme parfait entre dialogue et son maintien. Pourquoi ?  Pour savoir si les « réserves du PDCI-RDA sur les dispositions transitoires du projet des statuts du parti unifié RHDP » contenues dans trois documents que le Président Henri Konan Bédié a remis aux envoyés du Président de la République, Alassane Ouattara, lui sont bel et bien parvenues. En l’espèce, l’on parle d’accusé de réception et bien entendu, cette demande requiert réponse parce que le processus du dialogue comme maintien, l’exige. Le Président Bédié constate qu’ « à ce jour, aucune suite n’a été donnée à cette réserve ». Il s’ensuit logiquement pour le Président Bédié « qu’il n’y a pas eu rupture de ma part dans le processus du dialogue », salva veritate.

En la forme, le Président Bédié dit vrai. Tout observateur avisé, est mal à l’aise pour cette famille politique dont la pierre angulaire est le dialogue, mais qui le prend à rebrousse-poil. Cette accélération subite du processus dialogual qui culmina comme aboutissement, à la tenue de l’Assemblée Générale constitutive du parti unifié le 16 juillet 2018. Comme les choses politiques sont comme elles sont (obstacles psychologiques  dans la balance), il urge un facilitateur de réconciliation  acceptable par tous et au nom des transformations sociales, politiques attendues par les forces générationnelles montantes et majoritaires.

Celui qui détient cette balance, c’est le fils prodige parce que politiquement transversal de la Côte d’Ivoire contemporaine: Guillaume Soro Kigbafori. Il est doué pour porter la parole du juste et ainsi incarner le pardon et la réconciliation, les chemins les plus sûrs à emprunter pour faciliter le dialogue et la poursuite du bonheur pour tous. Parce que la bienveillance fraternelle l’exige tandis que la crédibilité n’est pas la confiance décrétée mais, assurément, un partage (un échange ouvert). Le dialogue et la confiance exigent le commun, la construction assidue des passerelles. Ce n’est surtout pas incarner Ulysse qui a toujours tenu le gouvernail, ne le cédant à aucun de ses compagnons puisque décidant sans écouter. Dialoguer, c’est rejeter le préjugé que l’on est seul et que seul on tient la barre. J’aime à dire que gouverner, c’est dialoguer.  Je le conseillais au Président Compaoré Blaise qui l'accepta et au vaillant peuple du Burkina en 2013 avant l’éruption tellurique orchestrée de main de maître par cette exubérance d'essence populiste de gauche. Aujourd'hui, hélas, chacun égrène son chapelet de remords et regrets. Les bons chefs ne courent pas les rues.

La passion de Guillaume Soro Kigbafori est donc le dialogue constant. C’est cette leçon reçue en héritage du Président Houphouët-Boigny et qu’il a partagée avec ses camarades devant l’Assemblée générale constitutive de l’UNA-Fesci : « Nul ne peut se réjouir du malheur des autres. Regarder l’avenir, c’est nous réunir ». Cet avenir est incarner par les nouvelles générations montantes, irrésistible  comme la houle. Il n'est donc pas nécessaire de regarder dans le rétroviseur des passions déraisonnables, des détestations d'autrui.   Puisqu’ « Un homme qui crée les ennuis aux autres s’en crée aussi à lui-même » dixit Chinua Achebe.

Le crédo soroïste est la cohérence au nom de la concorde nationale pour une société d'égalité et de solidarité. Un hebdomadaire parisien a produit un article en commandite pour voir l’ambiguïté, je ne sais comment,  là où la cohérence et la constance posturales se laissent voir comme quête de la justice et du droit de chacun à être respecté et traité avec bienveillance et équité. Celui qui poursuit la justice au nom de l’exigence de renouveler la promesse républicaine ne saurait incarner l’ambiguïté. Échouer à le décrypter est possible. Mais le leadership de réconciliation et de transformations est le plus sûr chemin pour la prospérité partagée tandis que Le raccommodage social est loin de la belle promesse renouvelée de la République. Mais la tolérance exige que chacun puisse émettre son opinion. Pourvu que l'émetteur citoyen ne la surestime pas comme opinion vraie, a fortiori la vérité.        

Des négociations entamées à Linas Marcoussis à l’Accord Politique de Ouagadougou, le Président Guillaume Soro pratique la sagesse qu’il existe un lien intime entre l’agenda national de paix par la Réconciliation, le pardon, le dialogue d’une part  et d’autre part, le salut et la prospérité partagée au moyen de la concorde nationale. Face à l’incapacité de la CEI à organiser des élections acceptées de tous (municipales et régionales 2018), des doutes sont soulevés et la peur de 2020 gagne du terrain tandis que les deux grands chefs vivent la rupture épistémologique. Guillaume Soro Kigbafori offre l’unique chance d’être la prothèse politique pour calmer les tourbillons de questions, les bisbilles d’orgueil au nom de l’intérêt général. Les Houphouëtistes qui souhaitent regarder, ensemble, l’avenir ont un seul facilitateur politique transversal et trans-générationnel : Guillaume Soro Kigbafori.

 




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