Déclaration relative à l’incident ayant entrainé la mort du jeune Soro Kognon à Korhogo : Les ONGs de défense des Droits humains condamnent et exigent des garanties pour l’exercice des libertés publiques en Côte d’Ivoire


Déclaration relative à l’incident ayant entrainé la mort du jeune Soro Kognon à Korhogo :  Les ONGs de défense des Droits humains condamnent et exigent des garanties pour l’exercice des libertés publiques en Côte d’Ivoire

publié le Vendredi 13 Juillet 2018 à 08:27:44

INTRODUCTION

Le retour du multipartisme en 1990 a permis à la Côte d’Ivoire de compter une pluralité de partis et de mouvements politiques. Malheureusement, les principes fondamentaux du multipartisme ont échappé aux ivoiriens et le pays a connu de nombreuses crises tels que le boycott actif de 1995, le coup de force militaire de 1999, le coup d’Etat manqué de 2002 qui s’est mué en une rébellion armée et la crise postélectorale de 2010.

 

Pour bon nombre d’observateurs, ces nombreuses crises devraient à n’en point douter donner des leçons aux ivoiriens et ivoiriennes. Malheureusement, l’on note encore des velléités de menaces sur la stabilité et la cohésion sociale. Celles-ci se traduisent par des crises au sein des clans et des coalitions de partis politiques tendant à restreindre les libertés d’expression et de réunions pour certains mouvements politiques légalement constitués.

Ø RESUME DES FAITS

Sur la base d’informations recueillies par les organisations de Droits humains, le samedi 07 juillet, à Korhogo (à l’extrême nord de la Côte d’Ivoire), le Rassemblement pour la Côte d’Ivoire (RACI), un mouvement politique proche du président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, monsieur Guillaume Kigbafory Soro, organisait une Assemblée générale lorsque des individus armés de gourdins et d’armes blanches, se réclamant proches du parti au pouvoir, s’en sont pris violemment à la foule. Le bilan officiel dressé fait état d’un mort, une dizaine de blessés à l’arme blanche et de nombreux dégâts matériels.

Ø ANALYSE DES FAITS

Aux termes de l’article 20 de la loi N°2016-886 du 08 novembre 2016 portant Constitution de la République de Côte d’Ivoire, « les libertés d’association, de réunion et de manifestation pacifique sont garanties par la loi ». Cette disposition est une garantie du droit fondamental de s’exprimer librement pour que cet énième incident ne viole les droits de l’homme de manière flagrante.

En effet, le fait pour des entités privées, partisans de partis politiques proches ou non du pouvoir d’empêcher, une manifestation d’un autre mouvement politique est une grave atteinte aux Droits humains. Cela enlise non seulement la dynamique de la cohésion sociale, mais aussi met en cause les acquis enregistrés en matière de la construction de démocratie et de l’Etat de Droit en Cote d’Ivoire. 

Pa ailleurs, les Organisations signataires de la présente déclaration font le constat qu’aussi bien à Abidjan comme à l’intérieur du pays, la répression et les attaques dirigées contre les voix jugées critiques et les manifestations de l’opposition politique sont en train de se systématisées. Cette situation est inacceptable dans un Etat de droit et devrait cesser. 

Ø POSITION :

Les Organisations signataires de la présente déclaration condamnent avec fermeté la violence injustifiée contre les partisans du RACI et s’insurgent contre le rétrécissement des espaces d’expression des libertés démocratiques.

Ø RECOMMANDATIONS-CONCLUSION :

Préoccupé par cette situation qui menace la stabilité démocratique et la cohésion sociale, les Organisations signataires de la présente déclaration font les recommandations suivantes à l’endroit du Gouvernement ivoirien:

§ Garantir toutes les libertés d’association, de réunion et de manifestation pacifique telle que stipulée dans la Constitution ivoirienne ;

§ ordonner l’ouverture d’une enquête judiciaire sur les dits-évènements ayant causé la mort d’homme ;

§ garantir la stabilité et la cohésion du pays en proscrivant toute action belliqueuse sur l’ensemble du territoire national;

§ maintenir un climat de paix et de stabilité politique pour les futures élections locales apaisées ;

§ continuer à promouvoir la politique de stabilité et de cohésion sociale par des actions généreuses qui enracinent davantage la démocratie et la quiétude dans les populations vivant en Côte d’Ivoire ;

Fait à Abidjan le 12 juillet 2018

Pour les ONGs et Coalitions des droits humains en Côte d’Ivoire :

MIDH
LIDHO
OFACI
CLUB UNION AFRICAINE
CEFCI 
SOS EXCLUSION
COSOPCI
COFEMCI-RPC
CIDDH
FOSCAO
RAIDH




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