Cohésion sociale/ Guillaume Soro en 2008 : « Ce que je demande, c’est d’être intransigeants pour la paix »


Cohésion sociale/ Guillaume Soro en 2008 : « Ce que je demande, c’est d’être intransigeants pour la paix »

publié le Mercredi 31 Octobre 2018 à 18:50:54

 
« Demeurons fidèles à nos idéaux et à nos engagements politiques respectifs, mais soyons toujours capables de transcender nos différences, voire, nos divergences, chaque fois que l’avenir de notre nation est en jeu, pour nous rassembler et nous entendre sur l’essentiel ».

Dans la mise en œuvre de l'Accord politique de Ouagadougou (APO),  le Premier ministre d'alors, SEM. Guillaume Kigbafori Soro, aujourd'hui Président de l'Assemblée nationale, avait initié en 2008, un séminaire  à l'intention des mouvements de jeunesse des forces politiques signataires des accords de paix inter-ivoiriens. 

Le discours de paix, de cohésion sociale tenu ce vendredi 22 février 2008 à Grand-Bassam, à l'occasion de l'ouverture dudit séminaire, est le même qu'il tient aujourd'hui en tant que Président de l'Assemblée nationale, à l'endroit des associations et mouvements de soutien acquis à sa cause ; mieux, à l'endroit de toutes les populations ivoiriennes.

Après donc les événements tragiques et contestations constatées lors des dernières élections municipales et régionales le 13 octobre 2018, cet appel à la paix et à la responsabilité politique de 2008 est plus que d'actualité. Demeurons "intransigeants pour la Paix " chers compatriotes!

 

Ci dessous de larges extraits de son discours :

 Messieurs les Ministres,

Monsieur les Présidents et Responsables des forces Politiques signataires des accords de paix inter-ivoiriens,

Monsieur le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, 

Monsieur le Représentant Spécial du Facilitateur,

Monsieur le Préfet du département de Grand-Bassam,

Monsieur le président du conseil général ;

Monsieur le Maire,

Messieurs les Présidents des mouvements de Jeunesse des forces politiques signataires des accords de paix inter-ivoiriens,

 

Mesdames, Mesdemoiselles et messieurs les délégués des forces politiques participant au présent séminaire,

Honorables invités, 

Mesdames et messieurs,

Le week-end dernier, les femmes politiques de notre pays ont accepté de prendre leur part, une part active, réaliste et responsable au retour de la paix et de la cohésion sociale en Côte d’Ivoire. Avant-hier mercredi, elles m’en ont restitué solennellement, les conclusions. Ainsi, disposent-elles désormais d’un code de bonne conduite et d’un cadre de concertation permanente pour mettre en œuvre les actions qu’elles ont librement décidées, à leur niveau, et façon consensuelle, de mener.

C’est le lieu de réitérer la gratitude du Gouvernement aux présidents de leurs partis politiques respectifs, qui n’ont fait aucune difficulté pour les laisser répondre à mon appel.

Aujourd’hui, les travaux reprennent avec les responsables et délégués des mouvements de jeunesse de forces politiques signataires des accords de paix inter-ivoiriens.

A leurs côtés, nous notons, encore une fois, la présence des Ministres invités à présider les travaux en plénières ou en atelier, à qui je tiens à exprimer toute ma gratitude, en même temps qu’aux personnes ressources qui ont bien voulu se rendre disponibles pour notre jeunesse politique.

J’associe à ces remerciements toutes les personnalités ici réunies qui, déjà présentes à nos côtés la semaine dernière, ont encore accepté de s’associer à cette importante rencontre des jeunes.

Convient-il de le rappeler, l’enjeu de ce séminaire, qui s’inscrit toujours dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord Politique de Ouagadougou, c’est d’intégrer définitivement la jeunesse ivoirienne au processus de sortie crise.

Il s’agit donc, de ce point de vue, d’une opportunité unique de faire de cette frange de notre population, des acteurs de premier plan du processus de sortie de crise, tant il révèle de la plus simple évidence qu’aucun des objectifs stratégiques du gouvernement, en la matière, ne saurait prospérer si on les en excluait.

Vous le savez, l’heure du bilan de douze mois de gestion du processus de sortie de crise amorcé avec l’accord politique de Ouagadougou approche. Bien que nous ayons enregistré des résultats probants et des acquis certains, nous n’entendons pas nous reposer béatement sur ceux-ci et nous laisser gagner par l’autosatisfaction. C’est un travail qui se fait par étape. Aussi devons-nous redoubler d’ardeur pour aborder les étapes prochaines, notamment l’identification des populations, elle-même devant conduire à l’établissement de la liste électorale. Mais, par-dessus tout, nous devons nous consolider la paix, afin qu’elle s’exprime dans le cœur et dans l’esprit de chacun.

 

Chers amis jeunes,

Je suis des vôtres, même si le destin a voulu que je me retrouve à la position que j’occupe aujourd’hui. Nous nous connaissons tous. Nous avons même, à une époque mené des combats ensemble. Parfois, nous avons fait preuve d’intransigeance quand nous étions convaincus de la justesse de notre cause. Aujourd’hui, ce que je demande, c’est d’être intransigeants pour la paix. Car il est de bonne guerre de faire la paix.

Faisons notre deuil de la guerre, pour que nous puissions enfin tourner nos regards vers l’avenir. Nous n’aurons jamais la totalité des réponses aux nombreuses questions qui assaillent nos esprits. Mais je vous invite, chers amis jeunes, à saisir à bras le corps tout espoir de paix, aussi mince soit-il, pour le faire grandir par nos efforts de chaque jour et le transformer résolument en espérance de lendemains meilleurs.

Nous n’avons d’autre choix que d’y réussir, car je n’ose pas imaginer ce qu’il adviendrait en cas d’échec du processus actuel. Non que j’en sois l’homme providentiel, mais simplement parce que je refuse de toutes mes forces que d’autres jeunes gens et jeunes filles revivent ce que notre Nation a vécu.

Il faut que notre Nation redonne une chance à la jeunesse. Il faut que l’action gouvernementale aie pour objectif de libérer la jeunesse de tout ce qui entrave son élan, et de la soutenir en toutes ses voies constructives, afin qu’elle se consacre paisiblement aux études et au travail bien fait.

C’est pourquoi, je ne saurais jamais assez vous remercier d’avoir accepté mon invitation à venir prendre la place qui vous revient naturellement dans le processus de sortie de crise.

Demeurons fidèles à nos idéaux et à nos engagements politiques respectifs, mais soyons toujours capables de transcender nos différences, voire nos divergences, chaque fois que l’avenir de notre nation est en jeu, pour nous rassembler et nous entendre sur l’essentiel.

Mesdames et Messieurs,

Un grand homme politique ivoirien, trop tôt disparu, disait des jeunes et des jeunes filles, en paraphrasant Charles Peguy, qu’ils sont les «hussards de la République ». Je crois, au sortir de cette crise, que nous avons tous compris que la seule guerre qui vaille la peine, dans notre contexte actuel, est celle du développement économique et social. C’est le seul combat pour lequel, les bras valides ne seront jamais en nombre suffisant.

Donnons nous donc les moyens de sortir au plus vite de cette crise, afin de consacrer les ressources financières de l’Etat à la lutte contre les ravages de la pauvreté, du chômage et de l’exclusion au sein de la jeunesse de notre pays. C’est le véritable but de mon combat, en faveur de la nation toute entière.

De part et d’autre de la ligne de démarcation qui nous a séparés pendant près de cinq, les jeunes ont été aux premières loges, sinon aux avant-postes, prenant, d’une manière ou d’une autre, leurs responsabilités.

Aujourd’hui, qu’ils soient du Sud ou du Nord, ils sont appelés à construire physiquement et moralement le pays. 

Mesdames et Messieurs,

Je souhaite, au nom du gouvernement, que les présentes assises constituent une avancée décisive dans le sens de la réhabilitation et de la responsabilisation de toutes les composantes de notre jeunesse.

Sur cette note d’espoir, je déclare ouvert le séminaire des mouvements de jeunesse des forces politiques signataires des accords de paix inter-ivoiriens, sur le thème de « la Place et du Rôle des jeunes de Côte d’ivoire dans la mise en œuvre de l’Accord politique de Ouagadougou ».

 Je vous remercie.

 Louis Konan




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