Campagne électorale pour les municipales à Abobo / Tehfour Koné : « En 2018,  il n’y a plus de ‘’moutons’’ à Abobo »


Campagne électorale pour les municipales à Abobo / Tehfour Koné : « En 2018,  il n’y a plus de ‘’moutons’’ à Abobo »

publié le Lundi 01 Octobre 2018 à 11:07:51

« Chers parents, je voudrais en appeler à votre conscience éclairée, qu’on ne peut pas blaguer Abobo éternellement. On a expérimenté toute sorte de blague. On nous a attirés avec du riz, on nous a attirés avec un peu d’huile, on nous a attirés avec glacière, on nous a attirés avec frigo, on nous a attirés même avec des chaises, mais aujourd’hui la répartition a été faite comment ? Franchement, comme le dit Asalfo, premier gaou n’est pas gaou, c’est deuxième gaou qui est gnata. Est-ce que nous on a envie d’être gnata ici à Abobo ? »

Le lancement officiel de la campagne pour les élections couplées des Conseillers régionaux et des Conseillers municipaux prévues le 13 octobre prochain sur toute l’étendue du territoire ivoirien est effectif. Loin du tapage médiatique, le candidat Tehfour Koné a rassemblé à son QG de campagne 200 malades atteints de la hernie pour procéder au lancement de la 7ème Edition de l’opération gratuite de la cure herniaire en partenariat avec l’ONG La Vie de Soro Simon. Ainsi au cours d’une cérémonie sobre sous une pluie battante, plusieurs de ses sympathisants et les populations d’Abobo ont participé ce vendredi28 septembre 2018 au lancement couplé de la 7ème Edition de l’opération de la cure herniaire gratuite et de la campagne électorale pour les municipales à Abobo.

Ci-dessous de larges extraits de son discours :

Je voudrais demander votre attention, je voudrais demander votre concentration. Vous savez le message que je veux vous porter aujourd’hui est un message tellement important que si par manque d’attention, nous ne nous concentrons pas dans cette période, où véritablement Abobo va prendre son destin en main, il est possible que par manque d’attention, que notre victoire, la victoire pour le changement, la victoire pour le courage des enfants d’Abobo, la victoire de la détermination des enfants d’Abobo, la victoire pour l’avenir des enfants d’Abobo, puisse  voler en éclats. Et nous allons nous asseoir avec regret pour attendre encore cette même occasion mais on aura perdu  cinq ans encore. Dieu nous parle et Dieu nous donne l’opportunité de prendre notre destin en main.

 

Vous voyez ! Devenu député, je ne suis pas allé louer une villa à Cocody alors que dans mon quartier d’enfance, il y a un quartier qu’on appelle le quartier riche qui avait des villas que je pouvais louer. J’ai dit à mes collaborateurs et à mes amis d’enfance qu’une villa que je vais louer à 150 000 / mois ; chaque mois je pourrais éventuellement prendre 110 000 f dans les 150 000 F pour donner la santé et la guérison à un  enfant d’Abobo (applaudissements).Je suis resté ici dans ce petit bureau. C’est dans ce petit bureau que nous avons accueilli les gens, deux, trois, quatre, cinq et six ans après, voici le monde que nous avons rassemblé, sans mégaphone, sans communiquer dans les journaux, sans communiquer à la télé. Par simple solidarité qui est une valeur humaine sacrée, par simple partage, voici les populations d’Abobo qui viennent parce qu’elles sentent désormais qu’elles ont une autorité qui pratique la politique la plus difficile, la politique à visage humain, la politique de l’écoute, la politique du courage, la politique qui a la crainte de Dieu.

Comment pouvons-nous penser qu’un être humain peut se lever d’une famille pauvre et atteindre le niveau que j’ai atteint aujourd’hui si ce n’est pas Dieu. Je voulais rappeler ici aux familles démunies que la transformation de votre vie est désormais possible. Croyez en vous, mais si vous croyez que la transformation vient de DIEU, il faut être patient parce que Dieu prend son temps ; Dieu choisit qui il veut, Dieu choisit le moment qu’il veut pour vous élever et vous confier une mission pour que vous puissiez aider les autres (applaudissements).

Le Président Soro Simon est intervenu pour dire combien de fois j’ai frappé à leur porte quand je suis rentré au parlement et que je recevais les malades pour qu’ils viennent me dire de quoi il souffre. Pourquoi je l’ai fait ? Parce que moi et mes parents, nous n’avons pas eu cette occasion ici à Abobo. Quand nous étions malades dans la cour commune à la Plaque 2, on se soignait avec ce que vous connaissez, Sampêrê ou wourou fatö (applaudissements).Ce sont des médicaments de la rue. Quand on n’a pas les moyens, quand on n’a pas une oreille attentive à votre problème, quelquefois, on se confie à Dieu quand on ne peut plus rien. Et on dit si je ne fais rien pour ma santé, peut-être que je vais mourir et nous nous tournons vers les médicaments de la rue. Mais Dieu nous donne la guérison avec les médicaments périmés.

Vous voyez ! La politique de proximité, la politique qui se met à la disposition et au service de ses semblables est la politique la plus difficile. Souvent je m’assois ici dans ce bureau du matin au soir jusqu’à 23 heures, les gens sont là et ils attendent, parce qu’ils se disent, mes problèmes, il faut que je l’explique au député. Mais par contre, il y a des gens qui viennent juste pour me tester. Ce qu’on m’a dit, je vais vérifier pour voir si c’est vrai. J’ai rencontré une maman qui est venue d’Akéikoi pour me tester. (…) Je lui ai dit quand Dieu est avec vous, il vous permet de rencontrer quelqu’un qui a Dieu et qui a la crainte de Dieu ? J’ai regardé la maman et j’ai pensé à ma propre mère qui est décédée du diabète alors qu’on n’avait même pas les moyens pour faire un bilan de santé. C’est quand sa situation était précaire qu’elle est rentrée dans ce qu’on appelle coma diabétique. Quand vous atteignez cette phase du diabète, votre situation de vie devient critique et c’est la mort qui vous attend. Elle a donc été rappelée à Dieu et je me suis dit que je ne rencontrerai plus une vieille, une maman d’Abobo, ou une maman ivoirienne ou d’ailleurs sans penser à ma mère. Et me dire, si cette maman est arrivée à moi pour une question de soin, c’est comme si ma mère avait été ressuscitée ; il est de mon devoir de l’aider pour que Dieu ait pitié de l’âme de ma mère. Quand Dieu a pitié de l’âme de ma mère, moi je bénéficie de la baraka et de la bénédiction.

Regardez ce qui se passe à Abobo, grâce à ma candidature ! Tout le gouvernement se déplace à Abobo, on distribue des voitures à cause de l’honorable Tehfour. On distribue de l’argent à cause de l’honorable Tehfour. Et ceux qui reçoivent de l’argent m’appellent pour dire Honorable monsieur le député, merci parce que c’est grâce à ton courage, c’est grâce à ta détermination que maintenant on sait que, à Abobo, l’électeur est devenu important et l’électeur coûte cher (applaudissements). Certains m’ont dit : ‘’monsieur le député, on est ensemble ici depuis plus de 40 ans, nous on te connait, on connait ta famille, on connait la générosité de ta famille, on a vu ta générosité, si tu nous vois là-bas, ce n’est pas de cœur mais on s’en va manger un peu et puis on revient pour te voter’’(applaudissements). Oui, ils me l’ont dit, et quand ils me le disent, moi ma bouche ne porte pas caleçon. Quand je fais mes communications, je sais que mes adversaires ont des gens qui viennent nous écouter et quand tu veux détruire l’adversaire, tu véhicules ce genre de message, c’est le ver dans le fruit. Et ils changent de stratégie. Ils se disent, on a beau distribuer l’argent, ça ne marche pas. Maintenant, ces politiciens véreux se tournent vers les leaders qui sont des gens qui parlent et qui sont écoutés, souvent naïvement par les populations. Ils ont jeté leur dévolu sur les pasteurs et les imans et hier, je pense qu’il y a deux ou trois imans y compris un pasteur qui ont reçu de nouvelles voiture 4X4, grâce à notre courage et à notre détermination (applaudissements).

J’ai dit que l’élection est scientifique. Les rapports de sondages sont scientifiques. Quand tu as fini de distribuer et que tu as beaucoup d’argent, tu paies encore un sondage et le sondage va révéler que malgré que tu as distribué de l’argent, le niveau d’intention de vote pour celui qui est ton adversaire et qui est le fils d’Abobo, Tehfour Koné, que le taux d’intention de votre est monté pour lui donc tu as financé pour lui (applaudissements) ( …) Vous avez vu lors de la cérémonie d’investiture à Abobo PK18, sans publicité, sans tambour ni trompette, vous avez vu la mobilisation. La mise en place a commencé à midi et à 16 h, 5200 chaises installées, il n’y avait plus de places, les gens étaient debout (applaudissements). Seul Dieu peut faire ça pour quelqu’un qui connait Dieu et qui sait que seul Dieu est capable de vous donner des citoyens justes, des citoyens qui ne pensent pas à eux seuls mais des citoyens qui pensent à leurs progéniture et à leur devenir. Ce sont ces citoyens que vous constituez et je voudrais vous saluer et vous remercier. J’ai dit et je répète, s’il y a 20 ans de cela, ou s’ il y a 17 ans de cela, à Abobo il y avait des moutons, en 2018 il n’y a plus de moutons à Abobo (applaudissementsOui, en 2018, il n’y a plus de mouton ici à Abobo.

Vous savez les municipales sont des élections de développement. Et le maire est investi par la loi de décentralisation, la loi 2003 – 208 portant répartition et transfert des compétences de l’Etat, incarné par le Président de la République ( …) Il est bon qu’au moment où nous faisons cette double cérémonie, double cérémonie du lancement de la campagne et du lancement de la 7ème Edition de la cure gratuite herniaire, qu’on montre aux populations d’Abobo que les activités pompeuses ne peuvent pas prospérer. C’est pour cela que j’ai annulé le lancement de la campagne au Banco pour deux raisons. La première raison, si j’ai fait la démonstration de force une fois, est-ce que j’ai besoin de faire une deuxième fois ? Ça sera du gaspillage d’argent alors que j’ai une liste de malades qui monte jusqu’à 600 personnes. J’ai regardé cet argent et j’ai dit : non, ‘’je vais demander de l’aide à l’Ong La Vie, mon partenaire pour qu’aujourd’hui, jour du lancement, que nous puissions commencer à opérer, pour soulager pendant 6 jours 200 malades’’ (applaudissement). Nous avons donc laissé tomber l’autorisation de faire le meeting du lancement sur le rond-point du banco alors que nous sommes convaincus que nous allons remplir le coin. La deuxième raison du report, c’est que à Abobo, les gens sortent matin pour aller travailler. Toi, le fils d’Abobo tu connais la souffrance de tes parents d’Abobo. Tu vas faire un meeting au rond-point du Banco pour créer des embouteillages. Les gens quand ils rentrent du travail, ils demandent :’’ il y a quoi ?’’. On leur répond que c’est le fils d’Abobo. Et ils disent ‘’han, il a changé’’. Il a changé parce que lui, il ne doit pas créer embouteillages à Abobo ; lui, son travail devait être tourné vers la fluidité du transport parce que les gens sont fatigués de ces embouteillages à n’en point finir à Abobo. J’ai dit : ‘’non, je ne vais infliger cette souffrance à ma population’’, j’ai donc annulé purement et simplement le meeting du banco pour qu’on puisse se retrouver simplement ici, devant mon modeste QG pour soulager les populations d’Abobo (applaudissements). Je voulais féliciter et remercier en mon nom personnel et également en votre nom le Président de l’ONG La vie  qui est mon partenaire historique, qui me fera passer dans cinq jours de 820 à 1020 malades soignés gratuitement de la hernie (applaudissements)

Chers parents, je voudrais en appeler à votre conscience éclairée, qu’on ne peut pas blaguer Abobo éternellement. On a expérimenté toute sorte de blague. On nous a attirés avec du riz, on nous a attirés avec un peu d’huile, on nous a attirés avec glacière, on nous a attirés avec frigo, on nous a attirés même avec des chaises, mais aujourd’hui la répartition a été faite comment ? Franchement, comme le dit Asalfo, premier gaou n’est pas gaou, c’est deuxième gaou qui est gnata. Est-ce que nous on a envie d’être gnata ici à Abobo ?

A Abobo, la meilleure des politiques, c’est la politique que fait l’élu qui est assis dans la commune du matin jusqu’au coucher du soleil. Oui, c’est ça la vraie politique. On ne veut pas de politicien qui pendant la période de campagne rentre dans la boue mais qui après élection refuse de rentrer dans la boue ; même sa voiture ne rentre pas dans la boue. On a vu ça à Abobo ici. Ils disent pendant la campagne, j’ai utilisé ma voiture qui est gâtée aujourd’hui. Mais qui fait les routes ? Ce sont les populations ou les élus ? Le budget de la commune est décliné en deux phases : le budget de fonctionnement qui pend en compte les salaires, l’électricité, l’eau, la paperasse, et le budget d’investissement qui prend en compte l’achat de machines pour le reprofilage des routes. C’est aujourd’hui qu’on vient, pendant la campagne avec des machines à Abobo, jusqu’à il y a des candidats qui deviennent des machinistes (applaudissements). Ne nous blaguez pas, ça ne marche pas ; Abobo a produit beaucoup d’acteurs de théâtre avant que vous n’arriviez. Les grands acteurs de théâtre de Côte d’Ivoire sont passés ici au centre culturel d’Abobo. Donc, personne ne peut nous blaguer ici avec théâtre (...)

Vous, populations d’Abobo, vous avez le pouvoir, et le pouvoir c’est le 13 octobre 2018. Dieu a fait en sorte que j’ai été le premier à aller déposer mon dossier donc je suis le premier sur la liste. Regarder le spécimen du bulletin de vote qu’on vous a distribué. Je n’étais pas en train de tricher ou blaguer quelqu’un. Sur le bulletin, de la gauche à droite, la première personne c’est moi. Allez-y cocher ! Quand vous allez voter, le soir de 13 octobre nous allons nous retrouver ici et nous allons démontrer à Abobo que les pauvres ne resteront pas éternellement pauvres, que les riches ne resteront pas éternellement riches. Seul Dieu a le pouvoir. Allons-y faire du porte-à-porte ! Allons vendre le produit Tehfour Koné, fils d’Abobo et ensemble nous restituerons à Abobo sa dignité qui lui a été volée depuis longtemps pour que nos mamans, les femmes d’Abobo puissent être soulagées ; pour que les hommes d’Abobo retrouvent leur dignité et que leurs enfants puissent bénéficier d’un avenir radieux qui sera inscrit en lettres d’or dans les projets de développement que sont la construction des écoles préscolaires et scolaires, l’amélioration du cadre de travail des hôpitaux communautaires. Vous voyez, à Abobo, nous avons un seul bloc opératoire alors que nous avons 13 hôpitaux communautaires. Il faut donc construire de petits blocs opératoires dans les 13 hôpitaux communautaires (…)

Voilà le message que je voulais vous passer. Je vous souhaite une bonne campagne, campagne de proximité, sans injures, sans calomnie, sans provocation mais sans céder à la provocation parce que quand les gens savent qu’ils vont perdre, ils versent dans la provocation ; ils versent dans la violence. Mais à Abobo ici, nous avons les moyens de contrôler les indisciplinés, nous avons les moyens de contrôler tout ce qui est violence ; de contrôler tout ce qui est vol. Et le 13 Octobre, grâce à notre détermination et à notre force, nous allons passer de la manière la plus transparente, sans qu’on ne nous vole une seule voix parce que nous serons chacun de nous le policier de son vote. Nous allons faire confiance aux forces de l’ordre d’Abobo, aux forces de défenses d’Abobo parce qu’ils ont compris que si elles veulent rentrer dans l’histoire avec un Abobo paisible, c’est d’être une force républicaine, une force qui ne sera pas à la solde d’un candidat mais une force équitable, une force qui va faire reculer le vol et la tricherie.

Je vous remercie.

Propos recueillis et retranscrits par Louis Konan




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