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Lettre ouverte aux Ivoiriens et à la communauté internationale.

Opinions
avril 18, 2019 Traoreě.jpg

Aux Ivoiriens, aux ambassades de France, des Etats Unis, de l'Union Européenne, de Grande Bretagne, l'Allemagne, de Belgique, à Amnesty International, je voudrais, à travers cette lettre ouverte, dénoncer publiquement les méthodes d'intimidation dont je suis l'objet de la part de la Police nationale. 

Cette intimidation fait suite à une convocation sans objet, que j'ai reçue de la part des services de la Préfecture de police d'Abidjan, me demandant de me rendre dans leurs locaux le vendredi 12 Avril à 9 h afin de m'entendre dans le cadre d'une procédure d'enquête. 

Je rappelle que c'est le mardi 02 Avril 2019, le jour de l'enterrement de mon père décédé le dimanche 31 mars 2019, que j'ai reçu à 10 h, un appel téléphonique du commissaire Begromissa Alain, chef du service des enquêtes générales à la préfecture d'Abidjan, agissant selon ses propos ,sur les instructions du Directeur Général de la police, me demandant de me rendre à ses services pour m'entendre. 

J'ai exigé que cette requête soit traduite par une convocation et déposée à mon secrétariat à la Mugefci. 

Ce qui provoqua une réaction de protestation du commissaire qui me dit que cette convocation n'avait rien à voir avec la Mugefci.

J'ai réussi à le convaincre en lui disant que c'est là-bas que se trouvent mes bureaux et que dès que la convocation y sera déposée, je la recevrai dans l'immédiat à Bouaké où j'étais en ce moment-là. 

Le jeudi 11 Avril, pour une question de contrainte familiale due aux obsèques de mon père, j'ai demandé à mon avocat, Me Diallo, de rentrer en contact avec le commissaire Begromissa Alain, afin de lui demander un report de la rencontre pour le début de la semaine suivante.

Malgré cela, le vendredi 12 Avril, à 10h 49, je reçois un coup de fil du commissaire Begromissa me demandant les raisons de mon absence bien qu’il m'ait confirmé avoir reçu le coup de fil de mon avocat.

Après avoir expliqué au commissaire, avec qui les échanges téléphoniques ont été des plus courtoises et empruntes de respect, les raisons de mon absence qui lui avaient déjà été signifiées par mon avocat, il a demandé à me rencontrer le lundi 15 Avril dans ses locaux à 9 h. Demande à laquelle je n'ai pas vu d'objections.

Grande fut donc ma surprise de recevoir quelques minutes après, au bout du fil de mon téléphone, M. Kouyaté, Directeur Général de la police en personne. Il m'a appelé de son téléphone de bureau.

C'est un homme très en colère, menace à la bouche, qui m'a parlé sur un ton condescendant.

Il a menacé me faire arrêter par ses hommes si je ne répondais pas dans l'immédiat à la convocation car selon lui, cela faisait plus de dix jours qu'on me recherche en vain.

Je lui ai rétorqué que cela n'est pas vrai puisque j'étais à Bouaké pour les obsèques de mon père. Et son collaborateur Begromissa en a été informé. 

Il a profité de l'occasion pour m'exprimer sa colère à la suite de la diffusion sur les réseaux sociaux de la convocation que j'ai reçue. Une convocation qui est passée par plusieurs mains et dont le contenu a été modifié, au dernier moment, par ses émissaires.

En effet, sur la première convocation, le nom qui y avait été mentionné est M. Touré.

Après avoir dit à l'émissaire que je ne m'appelais pas Touré, ce dernier a modifié mon nom. Et ce, dans les locaux de la Mugefci. 

Cela transparaît sur la convocation que j'ai reçue. Je ne peux donc être à l’origine de la diffusion de cette convocation sur les réseaux sociaux.

Ensuite, le Directeur Général de la police a profité de cette occasion pour me donner des leçons, en ce qui concerne l'image de l'institution qu'il dirige.

Après avoir réussi à placer quelques mots dans son fleuve de colère, de menaces et de condescendance, j'ai enfin pu l'informer que son collaborateur m’avait à nouveau convoqué pour le lundi à 9 h.

Et lui de me dire en ces termes.

"Si Lundi, tu ne te présentes pas à cette convocation à 9 h, je te fais prendre manu militari par mes hommes. J'en ai les moyens et je sais où tu travailles ".

Et sans une autre forme de politesse, il me raccrocha au nez.

Le Lundi 15 Avril, je me rends donc à la préfecture de police d'Abidjan pour répondre à la convocation qui m'a été donnée. 

C'est là-bas que je suis informé des motifs de ma convocation.

On veut m'entendre sur certains propos que j'aurais émis en privé avec des proches, et qui pourraient troubler l'ordre public, offenser le Chef de l’État, attenter à la sûreté de l'État et inciter à la violence. 

Après 6h d'horloge où on m'a soumis à un interrogatoire poli sur des propos que j'aurais tenu en privé, sur des opinions que j'aurais émises avec des membres de mon entourage, on me libéra aux environs de 15h20 pour que je revienne répondre à une autre convocation, sans me préciser l'objet, le Vendredi 19 Avril à 10h.

Pendant mon interrogatoire, je n'ai pas reconnu les propos qu'on m'a attribués car ce sont des propos inventés de toute pièce dans le but de m'accabler. 

En effet, pendant l'interrogatoire, aucun élément matériel n'a étayé les propos que l'on m'a attribués. 

Les questions qu'on m'a posées ont tourné autour de mon opinion sur les rapports entre le Chef de l'État et certains fonctionnaires, militaires et gendarmes, autour de l'État de droit, autour de la grève des enseignants du supérieur, autour du respect par l'État des franchises universitaires et de l'immunité parlementaire, autour du traitement des policiers et des préfets, autour de la Mugefci, autour du rapport entre les membres du gouvernement et autour du rapport entre la Ministre Kandia Camara et Mesmin Komoé, le PCA de la Mugefci. 

Et on a semblé me faire comprendre, d'une manière subtile, que ces opinions inventées, pourraient provoquer des troubles à l'ordre public, une offense au Chef de l'État, une incitation à la violence et une atteinte à la sûreté de l'État. 

Et même si j'avais exprimé en privé les opinions qu'on m'attribue, suis-je en faute ?

Je dis NON car la Constitution en son article 19 garantit la liberté de pensée et la liberté d'expression qui inclut la liberté d'opinion. 

Et la Constitution, toujours dans cet article, nous donne la liberté d'exprimer et de diffuser librement nos idées. 

Je voudrais donc prendre à témoin l'opinion publique et toutes les chancelleries occidentales et organisations de droits de l'homme, mentionnées plus haut, à qui j'ai fait parvenir cette lettre ouverte, des menaces dont j'ai été l'objet de la part du Directeur Général de la police et du caractère mensonger des questions qui m'ont été posées.

Cet interrogatoire, cousue de fils blancs, n'est pas loin de celui des complots des années 60 en Côte d'Ivoire, comme celui du complot du chat noir vers la fin des années 50, où Houphouët a mis en prison certains de ses compagnons de lutte comme Jean Baptiste Mockey, qui n'avaient plus la même vision que lui, sur la base d'accusations comme celles dont je suis l'objet. 

En effet, on a accusé ces personnes, sans aucune preuve, d'avoir enterré un chat noir, avec les photos d'Houphouët dans les boyaux, dans le but de le tuer sur le plan mystique. 

Et ces accusations seraient venues de soi-disant entourages de ces personnes. 

Les Houphouétistes, héritiers d'Houphouët, sont vraiment au pouvoir !

Je rappelle que je suis l'un des Conseillers de Guillaume Soro, Président du Comité Politique, pour le compte duquel j'étais en tournée dans le département de Kouto, situé dans la région de la Bagoué.

J'étais en train d'exécuter cette tournée lorsqu'on m'a annoncé le décès de mon père et lorsque deux jours après, on me convoqua.

Pour une question de prudence, J’ai constitué un collectif d'avocats autour de Maître Affoussiata Bamba – Lamine afin de m'assister dans les auditions auxquelles je suis et serai soumis. 

Ce Vendredi 19 Avril à 10h, je me rendrai à la préfecture de police pour répondre à ma seconde convocation. 

Et j'espère qu'on me présentera les preuves des accusations de propos que j'aurais tenus en privé. Si cela n'est pas le cas, j'espère qu'on me permettra de vaquer librement et tranquillement à mes occupations car je le répète, mon dossier est vide.

J'espère qu'on mettra fin au harcèlement policier dont je suis actuellement l'objet. Harcèlement dû, j'en suis convaincu, à ma proximité avec Guillaume Soro, l'ancien Président de l'Assemblée Nationale qui a été contraint de démissionner par le Chef de l'État parce qu'il a refusé d'adhérer au RHDP, nouveau parti politique dont le Chef de l'État en est le Président. 

Que Dieu nous garde et que l'État de droit triomphe dans ce pays.

 

Traore Mamadou,

1er Vice-Président du Conseil d'Administration, à MUGEF-CI

 


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