2017, le Nouveau Monde d’Imprévisibilités catasthématiques et Notre Afrique


2017, le Nouveau Monde d’Imprévisibilités catasthématiques et Notre Afrique

publié le Lundi 02 Janvier 2017 à 15:21:59

L’Editorial de Mamadou Djibo, Ph.D.,

Philosophy

Il y a quatre ans déjà que je constatais dans une Tribune que le monde était livré à lui-même, confronté comme jamais à la fin d’un cycle de stabilité qui a accru les inégalités entre citoyens du Centre, diktats imposés aux pays de la Périphérie et la ruine morale pour tous. 2017 est une durée pleine de défis et d’incertitudes pour le monde. Nos partenaires européens sans grand chef avéré ou révélé pour parachever la construction d’un destin de grandeur entamée en 1957 à Rome, excepté Madame la Chancelière Merkel, sortent comme les autres, de l’autosatisfaction triomphale enclenchée par la Chute du Mur de Berlin. Dans le même temps, la Fédération de Russie, engagée dans un nationalisme nostalgique des temps soviétiques, reconstruit son infrastructure militaire voire nucléaire avec le Président Poutine, plus populaire que jamais. Le Prix Nobel de la Paix de 2009, précocement attribué comme le défi ou le pari de la paix ouverte au Président Obama, ce destin extraordinaire mais toujours en devenir à l’époque, a un rapport avec la situation au Moyen–Orient déchiré dont Alep est le symbole.  Parce qu’un Prix Nobel de la Paix ne déclare pas la guerre (celle de Syrie) même si les Liberal Hawks de tous bords ont adoubé l’assassinat du Guide Kadhafi. La crise migratoire est la migraine de tous. L4insécurité de la bande sahélienne, un défi de tous les instants pour les Africains. Mais il y a cependant, seul espoir consistent,  ce développement harmonieux, synonyme de retour de l’Histoire heureuse au moyen de l’Empire du Milieu (Chine) avec les défis relevés avec brio. Et puis, notre Afrique, choyée comme la nouvelle frontière à juste titre, en attente pénible d’autres Pères fondateurs, ceux de la prospérité partagée dans la souveraineté déconnectée d’une mondialisation des perfides et cupides.  Avec l’offre de qualité de sa jeunesse et de ses femmes, de la santé et de la révolution verte, l’obsession de son fils Kofi Annan.

 2017 va signer la fin d’un monde et le début de ce millénaire tardif, avec possiblement le retour de la Guerre froide, version 2.0 et l’accentuation des problèmes environnementaux tandis que 600 millions d’Africains ne disposent pas de l’énergie pour accroître la création de richesses. Ces enjeux globaux s’ajoutent à ce péril de guerre froide sous le couvert cybernétique et des mondes numériques et comme relance du nucléaire militaire, retournant nous rendre visite. Le Président Gorbatchev nous avait prévenus en 2015 depuis Berlin. Cette menace est devenue réalité  lorsqu’on regarde le Président Trump annoncer le « renforcement et le développement » des armes nucléaires américaines coextensifs à la vigilance et remise à niveau des arsenaux russes, exigées par le Président Poutine. La Chine effarouchée sur les déclarations peu amènes du Président Trump sur la réalité et la reconnaissance de la Chine Unique et la probabilité des guerres commerciales est sur ses gardes. 

Que pouvons-nous espérer ? Surtout lorsqu’au surplus, les leaderships forts sont flamboyants comme ceux incarnés par les Présidents Poutine, XI Xinping, Erdogan, Rohani et bientôt Trump. Dommage que l’Afrique ne dispose pas d’un numéro de téléphone nommé qui tranche avec les petits profils ambiants pour incarner notre volonté souveraine d’avenir de paix et de prospérité partagée. Kadhafi a été liquidé. Il incarnait, à sa manière, la fin des hégémonies et l’avènement du pays unique fédéral, rêvé par le panafricaniste et visionnaire Kwamé N Krumah. Leadership global vacant ? Assurément oui. Puisse Dieu aider le Roi Mohamed VI à nous représenter, nous défendre comme son grand-père, ce panafricaniste bienveillant, le Roi Mohammed V.  

1. Ce monde est à bout de souffle. Il est en quête d’un Nouveau Normal comme ordre démocratique, axe de stabilité globale et vision. L’impasse s’appelle la guerre, une grande. Ou peut-être sommes-nous au seuil d’une advenue de l’idée développée par Marx sur la connexion avec la Révolution, suprême transcendance de la violence politique. La guerre l’est autant. Je ne demande qu’à me tromper. Je suis fidèle au philosophe Condorcet. Je préfère la réforme radicale. Ce dont j’ai peur, c’est de la terreur. Comme celle qui a décapité la vertu républicaine en 1791 sous Robespierre. La Révolution de 1789 bouffa alors ses propres lumières comme Danton, les époux Camille Desmoulins etc. Africain, je dis que la Révolution de 1789 a mangé son totem. Hélas comme toutes les autres après. Pourquoi ces épouvantes au seuil de 2017 ? Ce siècle, ce millénaire troisième commence Véritablement en 2017, vu les défis, les incertitudes, les leaderships forts triomphants, les bouffons heureux, les Happy Few, riches comme Crésus et les peuples dans l’insatisfaction et la tentation de renverser la Table de la mondialisation néolibérale autour de laquelle tous les Gargantua sont accoudés. En 2008, les gouvernants ont pris l’argent du contribuable pour sauver les banques de la ruine. Les dirigeants disaient qu’il fallait sauver les banques pour sauver les emplois. Mais que vaut une bulle financière ? Par la cupidité des banquiers, des actionnaires et détenteurs de bonds. Ce trio avec habileté sauva ses propres avoirs, son boulot, ce qui accentua les inégalités entre les peuples et les oligarques. En philosophie, cela s’appelle la rupture de la continuité doctrinale comme bris des règles qui régissent le capitalisme pour sauver les Happy Few au sommet. Ce millénaire arrive Tardivement parce que les 17 ans passés ont contribué à sédimenter, à asseoir la Table de dialogue éclairé ou de la confrontation. Une table bien mise est une table renversable! 

2. Les Peuples ne sont plus des somnambules, c’est le lot de leurs dirigeants. Mais ces peuples versatiles, dépités sont capables de renverser la Table tant les détresses (démocratiques, inégalités abyssales, ingérences de court terme, les replis irrédentistes et fondamentalismes religieux dont le djihadisme est l’excroissance terroriste) habitent les peuples comme si elles étaient assignées à résidence. Tant l’Asie Pacifique a peur d’un abandon, de leur abandon  stratégique par l’hyperpuissance américaine qui revient avec une écodiplomatie pour nouer des deals avec des Etats tiers –peu importe leur manque de vertu démocratique- pour redonner espoir exclusivement à ses propres enfants au détriment du statut de grand gendarme. Make America great Again ! C’est un retrait, une exclusion, une prospérité close dans un monde ouvert. Pourtant les relations internationales sont une réalité. La course vers l’impasse. Et au risque de pousser les nationalistes japonais à renouer avec leur passé hégémonique et impérial avec dotation en bombe atomique pour se protéger de la Chine, ennemie héréditaire. La fin d’une ère ? Celle de la Constitution pacifiste imposée par le Général Mc Arthur (1947) en son Article 9 ?  Les Abenomics cèderaient le pas au militarisme sournois d’antan. Le Premier Ministre Shinzo Abe est un raffiné nationaliste. Son voyage à Pearl Harbor est-il davantage une prise de température que la quête d’une police assurance ? Ou faut-il entendre son rappel du « pouvoir de la réconciliation » ? 2017 est un tournant décisif dans un monde de complexité qui donne le tournis. Les chefs visionnaires sont les chefs humbles. Où sont-ils ? Ils existent mais ils sont des chefferies à poigne, adeptes des diktats et qui tranchent pour ensuite faire du dommage management. Un rétrécissement minable du leadership qui court derrière les pots cassés pour radoter en vendant des illusions de bonheur. La fatigue du monde ! Ou son espérance de bonheur. Ce bonheur n’est ni dans la transcendance que les philosophes affectionnent, ni même, exception à la doctrine métaphysique de type spinoziste panthéiste, ici et maintenant, dans la nature comme environnement socio-économique. Chacun interprète midi comme il voudra. A sa convenance émergeante. Ou bien en recourant à Big Ben. Que ferait la Corée du Sud avec sa vigilance démocratique et républicaine estimable, dans un monde précarisé par le souci marchand de l’écodiplomatie qui veut biffer le cycle économique de « stagnation circulaire » décrit par Larry Summers ? Franchira-t-elle le même Rubicon (nucléaire) pour contrer la Corée du Nord ?  

3. Parce que les Empires aiment, destin ironique, couronner des Empereurs fous à l’aube de leur déclin. La Rome antique l’atteste. Alors, cette écodiplomatie est-elle le signe de ce déclin probable qui fantasme sur l’argent qui n’est que le symbole d’une marchandise et des circuits de sa fluidité au monde ? Le Président Houphouët-Boigny ne regardait pas, par exemple, le contenu de la tirelire présidentielle avant de lancer une initiative politique forte qui porte la paix et la marque de la vision d’avenir. Que c’est bien la preuve que la diplomatie est loin d’une vision marchande de la bulle, d’une morale d’épicier, courtermiste et insolite. La politique, la grande politique est le pas décisif central pour contraindre autrui à exécuter notre volonté. Sa continuation est la guerre par d’autres moyens, disait Von Clausevitz. Pour échapper à cette « éternelle folie des hommes » comme le Président Obama le décrit avec une acuité désarmante, il urge que le dialogue des civilisations et des cultures soit porté par de grands esprits politiques de premier ordre comme De Gaule le disait de Houphouët-Boigny. Que ces esprits soient progressistes, c’est mon seul vœu pour 2017. Peut-être doit-on entendre davantage l’appel à la sagesse prudentielle que Barack Obama nous lance depuis Pearl Harbor : « En tant que nations et peuples, nous ne pouvons choisir l’histoire dont nous héritons mais nous pouvons choisir les leçons que nous en tirons ». Un appel qui fait écho à celui du Président Guillaume Soro Kigbafori sur la feinte des Hommes qui manœuvrent pour refuser de choisir les leçons à tirer pour « inventer courageusement l’avenir » par des dérobades contorsionnistes. Or, faut-il le rappeler, et le Président Guillaume Soro Kigbafori de le tonner, du haut du Perchoir, ceci : « Qui sait ce que la Troisième République nous réserve.  Cependant je demeure convaincu d’une chose : bien des fois l’on croise son destin par le chemin que l’on prend pour l’éviter.» 

Il est, in fine, quintessentiel que les politiques africains qui incarnent l’Etat et l’honneur des Africains pour dépouiller la férule humiliante (Dithanyé du Faso) émergent, comme vision, don de soi et serment d’intégrité pour servir le peuple. Ce ne sont point les oligarques qui ont pignon sur rue, partout, désormais dans ce vaste monde qui frémissent de joies en regardant les lueurs et en oblitérant les leurres de Wall Street qui peuvent nous être d’utilité quelconque. Sinon pour nous conduire, par sectarisme, autocratisme et cupidité, plus vite au bord du précipice. La pusillanimité du millénaire est forclose pour ceux qui, comme Kant, rêvent de la Paix Perpétuelle. Ils doivent combattre le droit de belligérance par la plume. 

Entre guerre et liberté !  Engageons-nous pour le meilleur.         

Militante et Fraternelle Année 2017 !




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