Conférence de presse de Philippe Courard, Président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles


Conférence de presse de Philippe Courard, Président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

publié le Mardi 12 Juin 2018 à 20:31:07

Après son adresse au Parlement de Côte d’Ivoire ce mardi 12 juin 2018, le Président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Philippe Courard, a prononcé une conférence de presse à la Salle des Pas Perdus de l’institution parlementaire ivoirienne. Ci-après l’intégralité de son échange avec la presse.

(Philippe Courard) Merci Monsieur le Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. Ce ne n’est pas un merci politique, c’est un merci du fond du cœur parce que comme j’ai eu l’occasion de l’expliquer à plusieurs reprises, on se  sent ici chez nous avec des amis. Donc tout naturellement nous sommes heureux de poursuivre cette collaboration, collaboration de qualité, on a des échanges fructueux, on a beaucoup de choses à s’apprendre, à partager. Je crois que c’est le sens de la diplomatie parlementaire. Ça se fait en plus dans un cadre convivial avec de l’amitié, du respect sincère de part et d’autre. C’est véritablement ça que je souhaite insuffler avec Monsieur le Président, des relations parlementaires efficaces, un contact régulier, un échange d’information et peut-être pourquoi pas mener une série de projets qui auront pour seul objectif d’améliorer la qualité de vie de  nos citoyens, de servir l’intérêt général parce que quand on fait de la politique, on est là pour servir les citoyens, on est là pour être à leur service. L’efficacité doit être au rendez-vous. Ce genre de rendez-vous permet d’aboutir à ce résultat. Je suis bien entendu disposé à répondre aux questions que vous souhaitez poser.

(Question) L’actualité a été marquée par ce bateau transportant 629 migrants, l’Italie a refusé de les accueillir, d’abord c’était l’Espagne, vous en tant que Président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles quel est votre avis sur ce phénomène et quelle solution préconisez-vous ?

 (P.C) Je vais être clair avec vous sans langue de bois. Je suis scandalisé par l’option choisie par l’Europe, l’Europe dans la politique migratoire n’est pas du tout à la hauteur.  Ce n’est absolument pas normal de ne pas accueillir des êtres humains. Pour différentes raisons, il y a des phénomènes de migrations. Il faut tenter d’y répondre, trouver des solutions, mais ça doit se faire dans le dialogue et la coopération, certainement pas en laissant les gens à la détresse sur la mer méditerranée, certainement pas en les refoulant. Il faut trouver des solutions. L’Europe est un continent qui a quand même des moyens financiers. Et j’ai toujours préconisé dans mes différentes fonctions ministérielles précédentes, l’idée de répartition pour une meilleure prise en charge sur l’ensemble du continent européen. Il n’est pas non plus normal que certains pays aient la gestion de l’ensemble de la population migrante, tous les pays d’Europe doivent prendre une part de leurs responsabilités. Et manifestement cet accord est difficile à trouver à l’Europe parce que certains pays se réservent encore un certain conservatisme, un rejet de l’autre, sombrent au populisme que j’entends combattre parce que ce populisme n’est pas démocratique, n’est pas pour répondre au respect des droits de l’Homme.

 

(Q) Vous avez parlé dans votre adresse de modifier notre enseignement sur une longue période, dix ans, pourquoi dix ans et pourquoi pas maintenant ?

(P.C) Quand je dis dix ans ça veut dire qu’on va travailler tout  de suite, changer les choses aujourd’hui, tout ne va pas se faire immédiatement, je vais prendre un phénomène qui nous touche et qui touche probablement la Côte d’Ivoire. Pour avoir une bonne école, il faut de bons enseignants, une formation, des maîtres adéquats,  chez nous la formation des maîtres n’est pas optimale pour modifier les choses. Ça signifie qu’il faut modifier le programme des enseignants. Je sais qu’un enseignants est formé sur plusieurs années, il est évident qu’il faut mettre en place un programme de cursus sur plusieurs années qui explique pourquoi du jour au lendemain avec une baguette magique on ne peut pas changer les choses. Progressivement les choses vont se mettre en place dans les écoles, avec les moyens financiers assez énormes, il faut augmenter les normes d’encadrement pour avoir une politique de rémédiation. Pour prendre en charge les étudiants en décrochage scolaire, il  est évident, nécessaire de mettre progressivement les moyens, de former les enseignants, d’adapter les grilles de cours, donc ça va prendre plusieurs années.

Propos recueillis et retranscrits par BAMBA Soualo




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