Décès de Fayama Ardjouma: L'oraison funèbre de l'Assemblée nationale


Décès de Fayama Ardjouma: L'oraison funèbre de l'Assemblée nationale

publié le Lundi 08 Octobre 2018 à 18:54:10

" Fayama est une personne acharnée au travail. En dehors de tout ce que quelqu’un peut avoir comme bon ou mauvais comportement, c’est un homme qui aimait bien son travail. Il reste pour nous une véritable bibliothèque."

Au cours de la cérémonie de levée de corps qui s'est déroulée ce vendredi 05 octobre 2018 à Ivosep - Treichville, l'Assemblée nationale par la voix de son chef du Personnel, Monsieur Zoulou Vincent De Paul, a rendu dans l'oraison funèbre qu'il a prononcée, un brillant hommage à l’ex-conseiller technique du Président de l’Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, feu Fayama Ardjouma Moussa, rappelé soudainement à Dieu. 
 
C'est dans une atmosphère de grande émotion et de tristesse, que Monsieur Zoulou, les yeux englués de larmes, a retracé le brillant parcours professionnel de l'homme qu'il a croisé à celui du Président Guillaume Kigbafori Soro, dont il n'a jamais douté  de la justesse de son combat.
 
Ci-dessous l’intégralité de cette oraison funèbre :
 
Monsieur le Questeur,
 
Monsieur le Secrétaire Général,
 
Monsieur le Directeur de Cabinet du PAN,
 
Monsieur le Chef de Cabinet,
 
Mesdames, Messieurs,
 
Chers collègues et amis,
 
Tous en vos rangs, grades et qualités.
 
C'est encore une bien triste journée que nous devons vivre aujourd'hui vendredi 05 octobre 2018, avec la levée de corps de notre regretté FAYAMA Ardjouma dit KONE Moussa, Conseiller Technique de Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, parent, époux, ami, collaborateur, collègue et confrère.
 
Je veux ici rappeler quelques moments forts de sa carrière, quelques souvenirs des instants forts vécus ensemble. Je mesure les fortes qualités morales et professionnelles, toute l’énergie et la puissance de travail dont il a toujours fait preuve, les sacrifices qu’il a consentis pour servir le bien public et la personne du Président Guillaume SORO.
 
Ex-agent des services socio-culturels de la mairie de Bouaké, FAYAMA Ardjouma à l’état civil, était titulaire d’un Certificat d’Aptitude en Art Dramatique obtenu au Centre de Formation Artistique de Bouaké (il ne cessait de dire que son maître était GUEDEBA MARTIN). Il a été par la suite opérateur au sein de l’organisation humanitaire CARE internationale dès les premières heures du déclenchement de la crise militaro-politique de septembre 2002.
 
Avec cette ONG internationale, l’homme a pris part à de nombreuses opérations de distribution de vivres aux populations des zones affectées par la guerre. Activité humanitaire qui lui a permis d’être au contact et de s’imprégner de la souffrance de ces populations. Avec du recul, il va se convaincre de la justesse du combat des Forces Nouvelles et s’engager auprès de Guillaume SORO et ses hommes pour être un des acteurs clés du dispositif du Secrétaire Général des Forces Nouvelles, dispositif logé en son temps à l’actuel INFAS de Bouaké.
 
Une fois intégré au sein des Forces Nouvelles, diverses missions vont lui être confiées dans le cabinet de Guillaume SORO. Mais la plus importante occupation administrative que va exercer FAYAMA Ardjouma a été celle de chef de cabinet d’Amadou Koné, l’actuel Ministre du transport qui, à l’époque, a été le directeur de cabinet de Guillaume SORO, lui-même secrétaire général des Forces Nouvelles.
 
En tant que Chef de cabinet, FAYAMA va veiller à la mise en œuvre du dispositif du secrétariat général en matière de gestion du personnel. Il va s’atteler à la tâche avec sérieux et conviction. 
 
Nul plus que lui ne croyait à la nécessité de travailler aux côtés de Guillaume SORO. Il est resté fidèle à cette conviction et deviendra plus tard, le 1er juin 2012, Conseiller Technique au Cabinet du Président SORO, Chef du Parlement, affecté auprès du Directeur du Protocole, KONE Kamaraté Souleymane dit Soul to Soul.
 
En 2013, en homme de culture, FAYAMA a suivi une formation continue à l'Ecole Nationale d'Administration (ENA). Comme toujours, il était curieux de comprendre le fonctionnement de certains corps de métiers. Là il avait choisi de pénétrer le bois sacré de la diplomatie. Il a passé avec brio les dix-sept (17) modules de sa filière en fin de formation en 2014. L’innocence d’un enfant et l’amour avec lesquels il abordait les sujets de relations internationales indiquaient clairement que FAYAMA avait l’esprit vif et une grande intelligence.
 
FAYAMA Ardjouma va apporter sa compétence, sa connaissance fine de certaines questions, ses avis pertinents et son humour avec ses collègues au sein de l’Institution parlementaire, ce, jusqu’à ce jeudi 27 septembre 2018, date à laquelle il va tirer sa révérence, à soixante et un (61) ans. 
 
Ce grand serviteur du Président de l’Assemblée nationale qu’il a été, est resté également à l’écoute des autres, surtout les plus jeunes pour leur prodiguer des conseils utiles. Il laisse le souvenir d’un homme honnête et droit, ferme dans ses convictions. Ses anciens compagnons parlent de la perte d’un compagnon de lutte qui a marqué l’entourage de Guillaume SORO par son empreinte, jusqu’au bout des doigts.
 
Fayama est une personne acharnée au travail. En dehors de tout ce que quelqu’un peut avoir comme bon ou mauvais comportement, c’est un homme qui aimait bien son travail. 
 
Il reste pour nous une véritable bibliothèque. FAYAMA ne se lassait jamais dans sa quête de comprendre et se donnait toujours les moyens d’arriver à ses fins. Avec une forte intuition et une grande capacité d’analyse et d’anticipation, il apparaissait pour certains comme un devin, celui qui avait tout prédit, et même tout prédit pour lui-même. Tout ce qu’il disait semblait se réaliser comme il l’avait prévu.
 
FAYAMA, oui, c’est comme cela que je t’ai toujours appelé. Mais toi, tu te plaisais à te surnommer « le serpent vert du désert ». Ce n’est pas à cause de son venin puissant que tu as choisi cet animal comme alter ego, mais c’est surtout à cause de ses attaques éclair qui, à n’en point douter, résumaient parfaitement ta grande capacité de réaction et d’adaptation aux situations même les plus difficiles et impensables.
 
Nous avions ensemble fait tant de choses, eu tant de discussions.
Et voilà que maintenant tu nous quittes.
Nous avons partagé les soucis et les travaux quotidiens.
 
Avec toi, nous avons partagé tant de projets et tant d’espoirs.
Il y a tant de choses encore que nous aurions voulu faire ensemble.
 
Mais cela semble s’arrêter aujourd’hui et ce n’est plus ensemble que nous allons réaliser ce que tu espérais.
 
Tes amis, tes collègues, tes parents, tous, nous voudrions nous souvenir de toi, continuer de travailler à tout ce que tu attendais, à tout ce que tu espérais.
 
Mais comme un mur, la mort nous sépare désormais de toi, comme le souffle du vent qui balaie les obstacles,
notre amitié, notre affection et notre espérance s’en iront te rejoindre là où désormais tu nous attends près de Dieu.
 
Pour tes funérailles, notre ami, nous voulons tous ensemble, ta famille, tes amis ainsi que tes collègues de travail te dire au revoir et adieu, adieu.
 
La mort t’a emporté pour ton dernier grand voyage.
 
Notre peine est immense. Le décès d’un être proche est une vraie douleur au cœur et à l’âme.
 
Mais nous voulons t’offrir de joyeuses funérailles. Ta mort, ton enterrement ne sont pas une fin de vie… Non, ton départ est le début d’une nouvelle vie dans un autre monde… Un monde fait d’amour et de bonheur… Certains l’appellent le paradis.
 
Toutes tes amies et tous tes amis sont là pour toi. Ils présentent leurs sincères condoléances à tes parents, frères et sœurs et bien sûr à tes enfants.
 
La tristesse de tes enfants témoigne que tu étais le meilleur des pères, le meilleur des papas. Ils te disent papa nous t’aimons, papa nous ne t’oublierons jamais.
 
Oui frère, chacun ici te demande de lui pardonner toutes les écorchures qu’il a pu te causer au cours de ton passage sur cette terre des hommes,
 
Et tous voudraient par ma voix te pardonner chaque mot, chaque phrase, chaque geste de ta part qui a pu les blesser.
 
Repose en paix… La vie ne dure qu’un instant… L’amour pour les défunts est éternel.
 
Nous ne t’oublierons pas….
 
Puisqu’il faut bien mourir un jour, nous devons apprendre à vivre comme toi, notre frère, notre repère de vie.
 
Adieu l’Artiste…
 
Adieu Conseiller…
 
Repose en Paix…
 
Propos recueillis et retranscrits par Louis Konan




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